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Sept à Huit Life
C’est un monument érigé pour rendre hommage aux 360.000 morts de la bataille de Verdun, en 1916, lors de la Première Guerre Mondiale. Un lieu ayant désormais une triste réputation : de nombreuses personnes s’y sont donné la mort en se jetant du haut d’un rempart. Un édifice au pied duquel les pompiers ont retrouvé, le 3 février au soir, le corps sans vie d’Hugo Lima, 40 ans. Dans un premier temps, la piste accidentelle a été envisagée. Mais trois jours plus tard, le parquet de Nancy a ouvert une information judiciaire à l’encontre de la compagne de la victime et du fils de celle-ci, présents au moment des faits. Que s’est-il exactement passé ? La chute mortelle dissimulait-elle un crime ?
Hugo et Jessica se sont rencontrés dans un bar en 2014. Très vite, il s’installe avec elle et sa progéniture, Aymeric, alors âgé de huit ans, à Étain dans la Meuse, à une vingtaine de kilomètres de Verdun. En 2020, l’homme réalise le rêve de sa chère et tendre : ouvrir un restaurant, en finançant de sa poche la quasi-totalité du projet et en réalisant lui-même les travaux d’aménagement. Il reprend ensuite son travail de peinte en bâtiment, tandis que Jessica gère l’établissement. "Il y avait beaucoup de monde au début, surtout aux soirées karaoké", témoigne Marie, une amie du couple, dans l'enquête de "Sept à Huit" à retrouver en tête de cet article.
Ils semblent alors filer le parfait amour. "Ils avaient toujours des intentions l’un envers l’autre. Ils s’embrassaient devant nous, ils se tenaient par la main, tous ces gestes de tendresse… Je sais qu’ils avaient le projet d’acheter la maison de la grand-mère d’Hugo au Portugal, pour aller y vivre plus tard. Et ils devaient se marier en 2024", affirme Marie.
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La belle histoire connaît ses premiers accrocs l’été dernier. Hugo, en difficulté avec son patron, tombe en dépression et arrête de travailler. "Il a commencé à faire des malaises tout le temps, au moins deux ou trois par semaine, indique sa sœur, Andria. Il s’évanouissait et ne se rappelait plus de rien. Des migraines, des bouffées de chaleur, des douleurs à l’estomac…" "C’était difficile parce qu’il ne savait pas ce qui lui arrivait, reprend Marie. Il avait des trous noirs. Il avait fait plusieurs ponctions lombaires, des IRM, des scanners, pas mal de choses."
Face à ces problèmes de santé, Hugo décide de se rapprocher de sa sœur, mais aussi de ses amis, comme Paulo, à Aix-les-Bains. Jessica, elle, devait attendre la fin de l’année scolaire pour le rejoindre. "Grâce à mes connaissances, je lui avais trouvé un boulot et un logement, raconte à son tour Paulo. Hugo devait venir travailler à partir du 15 mars. Et la semaine d’avant, il devait s’installer. Jessica était venue visiter l’appartement. Elle était contente, même si elle disait que ce serait provisoire et qu’il faudrait ensuite en trouver un plus grand." Le couple ne s’y installera jamais.
Une semaine après cette visite, le 3 février, ils dînent chez la mère de Jessica. Là, Hugo aurait fait un malaise. Il se fait conduire par sa compagne à l’hôpital de Verdun. Mais, une fois arrivés, Hugo semble aller mieux, et tous deux décident de passer la soirée sur place, dans un bar, où ils sont rejoints par Aymeric. Aux alentours de 19h, Andria reçoit un coup de fil. "Hugo rigolait et me disait qu’il faisait un peu la fête, se souvient la sœur. Il disait qu’il était un peu bourré, qu’il avait la tête qui tourne, puis d’un coup, plus rien. Ça a coupé." Elle fond en larmes en prononçant ces derniers mots.
Moins de deux heures plus tard, Hugo, Jessica et Aymeric se rendent au monument, où une violente dispute aurait éclaté. Juste avant la chute. Dans la soirée, la compagne et son fils sont auditionnés séparément par la police. Leurs déclarations divergentes sont contredites par les images de la caméra de surveillance située sur les lieux du drame. Ils finissent tous deux par reconnaître qu’Hugo, disent-ils, "n’est pas tombé seul du monument"…
Quel serait le mobile de l’homicide pour lequel ils ont été mis en examen puis placés en détention ? À Étain, Danièle, une autre amie du couple, ayant travaillé dans le restaurant de Jessica, a son idée sur la question : "Au début, on ouvrait du lundi au vendredi, midi et soir, le samedi soir et le dimanche midi. Ça fonctionnait très bien. Après, Jessica… a commencé à baisser les bras. Elle n’ouvrait plus que les midis, et encore. Les chiffres d’affaires ont dégringolé… Avant les dernières fêtes de Noël, un huissier est venu. Jessica a sonné chez moi pour me demander de planquer un dossier. Elle m’a dit qu’elle ne voulait pas qu’Hugo le voie. Je l’ai rangé et j’ai vu qu’elle devait 13.000 euros au propriétaire. Hugo n’était au courant de rien."
Elle me devait plu...
[Courte citation de 8% de l'article original]